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Idées fausses, idées justes sur l’entretien d’une guitare

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Rédigé le : lundi 5 juillet 2004 - Modifié le : samedi 25 octobre 2008, par Dominique Charpagne


Neuve, ma guitare était « verte », je l’ai « faite » en jouant dessus

En fait, ce guitariste n’a rien modifié de sensible. L"instrument s’est simplement stabilisé sous la tension des cordes (40 kg environ). D’autre part, en fonction de la résistance à la déformation de la table et du degré hygrométrique de l’environnement, on peut observer une modification plus ou moins heureuse de la « réponse ». II faut noter aussi que les résines, qui sèchent très lentement à l’intérieur de certaines cellules de bois de la table, peuvent opérer un collage interne de celles-ci. Dans le bois, les cellules longitudinales, ou trachéides, sont de minuscules tuyaux de quatre centièmes de millimètre de diamètre environ, reliés par des attaches plus ou moins fortes et qui constituent 90 % de la matière ligneuse de la table. Ces trachéïdes auront moins de souplesse avec des parois épaissies, solidifiées par ces dépôts, donnant ainsi moins d’amplitude aux mouvements vibratoires de la table, mais plus de caractère au son, éventuellement avec des pointes de résonance plus marquées et, hélas, moins d’homogénéité dans le niveau sonore des différentes notes. Remarquons encore que l’action des fréquences fournies par les cordes sur ces résines du bois ne peut les polymériser, les transformer. Le plus gros du spectre sonore d’une guitare classique se situe en dessous de 4000 Hz, et les quelques harmoniques plus élevés composant un La 880 Hz (17e frette du suraigu) sont encore trop bas et dénués d’énergie suffisante pour agir sur la matière résineuse. On pourrait aussi se demander si le travail mécanique appliqué à la table ne pourrait en modifier la matière. N’oublions pas que, joué d’une façon ou d’une autre, l’instrument, et spécialement sa table, est parcouru de vibrations, de frémissements intenses, de micromouvements rapides dont l’amplitude atteint un dixième de millimètre pour le Mi grave 82 Hz. Alors, comme pour un avion en fonctionnement prolongé, on pourrait théoriquement penser à une fatigue du matériau due à cette agitation, d’ailleurs combinée avec la tension permanente des cordes. Tout cela n’entraînerait-il pas un début de dislocation des cellules ? Mais, en dépit de tous ces facteurs de caractère très général, on peut dire que l’influence de la technique de jeu personnelle du guitariste paraît nulle.

Les guitares se bonifient en vieillissant

II faudrait dire, révérence parler, que « les guitaristes se bonifient en vieillissant » ! En fait, quand le musicien s’est accoutumé à son instrument, il a modifié insensiblement son jeu au fil du temps. Il s’est progressivement adapté à sa guitare. Sa sensibilité et son talent aidant, il a réellement la sensation que la guitare s’est améliorée. Quant au luthier, il lui est loisible d’entendre (en souriant) dire que si la guitare s’est améliorée, c’est par l’action du guitariste, ou au contraire que si la guitare semble devenue mauvaise, c’est nécessairement par sa faute à lui, luthier...

La sècheresse des maisons bien chauffées est dangereuse pour les guitares

C’est bien là, en effet, une des causes majeures de la ruine précoce des instrument Nous construisons personnellement nos instruments avec une hygrométrie de 55 à 60 % d’humidité pour l’air de l’atelier. En Europe, cela représente un juste milieu qui permet aux bois de se gonfler un peu (car ils sont toujours hygroscopiques dans le temps) ou de rétracter sans fractures lors d’un séjour dans un pays sec. Mais si la guitare est soumise à une atmosphère sèche artificielle, créée par le chauffage central ou par air pulsé, il faut s’attendre au pire très rapidement... en quelques jours ou quelques dizaines d’heures. La table, en premier lieu, est menacée car très mince (2 millimètres environ) et non vernie à l’intérieur ; elle offre une large prise en surface à la dessication, et elle se « tend » alors fortement, entraînant des dislocations des cellules et un grand risque de fracture. Son mode vibratoire peut alors être affecté. Le cintre transversal de la table, galbé, tend alors à s’aplatir et le chevalet s’en trouve abaissé d’autant, donnant un réglage des cordes trop bas que l’on corrige en élevant le sillet du chevalet ; ce qui accroît l’effet de torsion du chevalet, la fatigue locale de la table et une mauvaise résistance à la déformation. Dans un second temps, la touche s’abaisse à partir de la douzième frette ; le manche pourra aussi se déformer, des fentes pourront apparaître sur le fond, le vernis se ride et se « faïence ». Le signal d’alarme est le suivant : quand on constate, sur le côté du manche, que les frettes de métal dépassent sous le passage du doigt, même très peu, c’est que le bois d’ébène s’est déjà retiré assez loin sous l’action de la sécheresse et qu’il est grand temps de redonner un peu d’humidité à la guitare. A cette fin, on peut la faire séjourner dans une salle de bains où sèche du linge, mais l’action d’un humidificateur électrique puissant semble la seule solution pendant la saison de chauffage. L’achat d’un hygromètre sérieux et bien étalonné est indispensable et il faut essayer de maintenir 60 % d’humidité dans la pièce concernée. Certains concertistes méticuleux ont un petit hygromètre dans leur étui, d’autres ne craignent pas d’introduire dans la guitare une éponge qui, humidifiée et emballée dans une feuille d’aluminium, permet de corriger à bon escient le degré hygrométrique quand ils séjournent dans des pays très secs ou des lieux surchauffés. Le vernissage des guitares avec des vernis polyester ou polyuréthane au pistolet offre l’avantage de constituer une carapace, une vitrification des bois, qui se rétractent beaucoup moins vite qu’avec un vernis au tampon classique. La différence de poids de la pellicule de vernis est énorme ; quelques grammes pour le vernis au tampon à base de gomme laque naturelle, de 100 à 200 grammes et plus pour un vernis synthétique appliqué au pistolet. Une telle charge ne va pas sans modifier la sonorité ; mais elle protège, en la retardant, l’action de la sécheresse.

Une guitare non jouée se dégrade

Si la guitare ne quitte pas l’atelier de son créateur, elle a toutes les chances de bien vieillir, en subissant seulement la tension des cordes qui se traduira par une compression transversale des fibres de la table devant le chevalet et une distension derrière. On peut raisonnablement penser que, contrairement à une machine composée de pièces en mouvement, l’instrument se comporte tout aussi bien s’il n’est pas joué. Ajoutons que certains bois de table d’une même espèce, comme épicéa, sapin, Western Red Cedar, présentent une texture variable : forte s’il s’agit d’un bois de fin d’automne, formant des veines sombres, importantes, bien marquées, beaucoup plus denses et résistantes que s’agissant d’un bois de printemps, aux cellules à parois minces et souples. Ces veines dures d’automne, quand le climat et le terrain sont propices, confèrent au bois une résistance mécanique plus importante ; c’est une armature naturelle qui permet à la table de bien résister dans le temps, et donc à l’instrument de garder ses qualités. Mais le problème n’est pas si simple, car le luthier est amené à travailler ses bois jusqu’à la limite de leur résistance à la déformation. C’est à ce point critique qu’il obtiendra un instrument sensible, doté d’un son souple, ample et facile à faire vibrer. Trop épaisse ou trop barrée, la table donnera des graves pauvres (toutes choses égales d’ailleurs), qui manqueront de corps, et des aigus secs, sans moelleux. Un peu trop fine ou peu barrée, la table donnera un peu trop de graves ; on aura alors du moelleux, mais une sonorité sombre, obscure, dont la voix, dans la polyphonie, se détachera mal. De plus, l’instrument sera assez fragile, instable dans le temps, avec une sonorité « versatile », qu’il soit joué fréquemment ou non. Par parenthèses, la pratique consistant à détendre d’un ton les cordes pour la nuit n’est pas mauvaise.

L’humidité excessive de certains pays est périlleuse pour la guitare

En général, les instruments résistent mieux à l’humidité qu’à la sécheresse excessive. Les guitares étant faites « d’un peu de bois... et de pas mal de colle », les luthiers consciencieux doivent employer une colle irréversible, insensible à l’eau, pour réunir et fixer certaines pièces importantes comme les barres de fond, le barrage de table, la plaque de touche. Les colles animales traditionnelles, d’os et de nerfs, offrent peu de résistance à l’humidité des pays de bord de mer comme le Japon, Cuba, ou des contrées tropicales. De plus, leur matière même est une friandise pour certaines bactéries. L’emploi de colles irréversibles exigeant un mélange préalable avec un catalyseur avant chaque application, la loi du moindre effort fait qu’elles sont peu utilisées, d’autant que les micro-dosages nécessaires sont délicats. Mais ces colles ne cédant jamais, il n’y a pas lieu de craindre des ennuis particuliers en cas de réparation ou de fracture. Les colles vinyliques, très employées en lutherie courante, offrent une bonne résistance à l’humidité, mais une piètre résistance au glissement du collage, à sa déformation. De plus, elles sont thermosensibles et un bon « coup de soleil » à réglé la vie artistique et le sort de plus d’une guitare, même de bon prix... dont la table se retrouve sans ressort, tout le barrage ayant glissé, cédé, entraînant un vieillissement précoce vertigineux... Certains bois de table étant très hygroscopiques, l’effet de l’humidité varie du simple au triple ; on peut observer certaines boursouflures des surfaces de l’instrument dans un milieu très humide. Le guitariste sent alors que l’instrument est mou sous ses doigts, il entend une différence de sonorité qui le gêne, une réponse inhabituelle, mais tout rentre dans l’ordre, si les collages résistent bien, quand le climat redevient normal, avec 65 à 70 d’humidité.

Que faire pour bien entretenir et conserver une guitare ?

En premier lieu, essuyer la transpiration que certains guitaristes émettent en abondance, sur le manche, le fond, la table, etc. La peau de chamois enlève très bien cette sueur grasse qui ronge le vernis (cette peau devra être nettoyée, lavée de temps en temps). Aucun produit, à notre connaissance, ne permet de décrasser une guitare sans prendre de risques avec le vernis. Le vernis et les produits pour violon n’ont rien de commun avec ceux employés pour les guitares. II ne faut dont pas employer de térébentine, d’essence minérale, d’alcool, de trichloréthylène, de white spirit, de silicones, etc. Sur les instruments revêtus d’un épais vernis industriel, on peut passer une chiffon propre imbibé d’une légère solution de détergent liquide pour nettoyer manche et parties encrassées (mais attention aux rayures) et essuyer immédiatement. Quand on voyage avec sa guitare, il faut observer la règle suivante : « Là où le guitariste n’aimerait pas séjourner... la guitare ne sera pas en sécurité ». Placer l’instrument dans un coffre de voiture ou même dans l’habitacle, fenêtres fermées, est très dangereux. En été, à l’arrêt, la température monte très vite et gagne l’intérieur de l’étui qui peut rester collé à la guitare si le vernis se ramollit, et altérer les collages. L’effet de serre est à redouter même dans une maison quand le soleil frappe l’étui placé derrière une vitre (on devrait faire des étuis de couleur claire pour repousser la chaleur). Si la guitare doit aller dans des pays très froids en hiver (États-Unis, Canada, Pays de l’Est), un étui avec une housse isotherme est à recommander, car de grands écarts de température, parfois de l’ordre de 60°, peuvent provoquer une contraction brutale du bois. Si le refroidissement se fait progressivement, le risque est très limité. Évidemment, un étui isotherme est encombrant, mais efficace. Les soutes des avions modernes étant climatisées, on n’observe pas d’accidents fréquents à ce sujet.

Quelles sont les réparations classiques à l’atelier de lutherie ?

Le changement des frettes (barrettes métalliques) est un travail délicat et difficile à réussir parfaitement ; ne le confier qu’à un spécialiste très sûr quand il s’agit d’un instrument de qualité. Les revernissages sont aussi de bien mauvais moments pour la guitare. Il ne faut jamais tenter d’enlever, en raclant profondément la table, les marques diverses et rayures, avant le revernissage ; on ne doit jamais toucher au bois. Cela ferait sans doute plus bel effet aux yeux du guitariste, mais la table serait affaiblie très rapidemment et irrémédiablement, ne serait ?ce qu’en enlevant deux dixièmes de millimètre seulement ; le son serait modifié. Il faut employer un décapant chimique ou seulement poncer le vernis fatigué. De même, par respect pour le travail, l’oeuvre et l’unité que présente un bel instrument, on ne doit pas changer un fond de guitare sans raisons extrêmes. S’il y a de nombreuses fentes, il vaut mieux les réparer longuement et conserver la pièce originelle prévue par son créateur. Cette remarque vaut également pour les autres parties. Réparer, ce n’est pas amputer, c’est soigner en évitant au maximum le recours aux prothèses ...


P.-S.

Daniel Friederich
Le guide de la Guitare - Hors série Février 1980

21 Messages de forum

  • > Idées fausses, idées justes sur l’entretien d’une guitare

    21 avril 2006 22:56, par Pierre Alberune

    Cet article brise pas mal de mythes diffusés sur certains forums (guitariste.com pour ne pas le citer par exemple). Ca fait plaisir, et on en sort moins bête. Ce qui est malheureux c’est que sur internet les idées fausses circulent plus rapidement que les vérités. J’espère donc que cet article sera lu par tous les guitaristes...

    Voir en ligne : http://2icet.free.fr/

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  • Bonjour,

    Tout d’abord félicitations pour votre site. Je possède une guitare classique qui présente un problème de justesse sur les cordes de Ré et Sol. Il faudrait "reculer" le chevalet pour les rendre justes. Naturellement il n’y a pas de réglages comme sur une électrique... Connaissez vous des solutions ?

    Merci

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    • Rend toi chez un luthier il va limer ton sillet de pont du coté des cordes pour allonger la longueur vibrante de ta corde

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    • Il existe plusieurs solutions, soit : _ Limer ou poncer le sillet à l’endroit de ces 2 cordes à reculer, mais attention à la hauteur.En effet, le sommet du sillet n’est pas plat donc en reculant le point de contact, les cordes risquent d’être légèrement, voir top basses par rapport aux barres de frette (c’est ce que l’ on appelle l’ action des cordes), ce qui pourrait les faire "friser", pas très agréable pour le classique, c’ est plutôt réservé au flamenco. _Ou alors, remplacer le sillet en reproduisant l’original par une réplique (os, ivoire... le plastique est à bannir pour cette pièce) avec un point de contact plus reculé là ou c’ est nécessaire.Je recommande cette solution qui est plus professionnel, et par la même occasion permet éventuellement de remettre à niveau l’ action des cordes par rapport aux frettes.

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  • J’ai un énorme problème avec ma guitare classique, une pièce magnifique avec une bonne attasue bien ronde, provennant d’un luthier Portuguais, je l’ai prété a un proche qui l’a laissé dans une cave durant quelques mois. Je viens de la récupérer et m’apperçois avec surprise, trois taches noires derrière. Je la laisse donc dans posé sur ma table, quand dans la nuit j’entend un craquement sinistre provenant d’elle :’( Tilt, les taches en question, c’est des champignons (dans cette cave c’est du 90% d’humidité !!!) et la difference de température mais surtout d’humidité de l’air on fait ce dilater les champignons ou je ne c’est quoi !!

    C’est donc un cri d’au-secour que je lance, pour savoir que dois-je faire pour éliminer ces parasites, réparer ma lègère fissure (mais fissure tout de même) sans altérer le son.

    Après pour mon proche a qui je l’ai prété, je me suis occupé de son cas ! :D

    cordialement^^

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    • Bonjour,

      Dès qu’on parle de fissures, il est vraiment préférable de s’adresser à un luthier, plutôt que de tenter de faire la réparation.

      Du même coup d’ailleurs, il pourra éliminer les parasites.

      Désolé pour cet incident qui, effectivement, aurait pû être éviter !

      Le webmaster

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    • Pour les champignons, je te propose de les déshydrater, en les passant à l’alcool à 90 ou 95° que l’ on trouve assez facilement dans le commerce, magasins de bricolage au rayon produit d’entretien, vernis, sous forme de bidon d’ un litre. Appliquer le produit directement sur les parasites, en frottant à l’aide d’un tissu, ou mieux avec de la mèche de coton (un carré de fabrique en laine fait également très bien l’ affaire). Fais attention à ne pas trop imbiber le tampon, frotte la tache qui ne disparaitra pas, jusqu’ à ce qu’ il n’ y ai plus de sale sur le tissu blanc.Le travail doit se faire à l’intérieur de la guitare, il faudra détendre les cordes et les maintenir écartées avec une pièce de bois ou autre matériau tendre.Une fois les champignons traités(recommencer l’opération plus tard si nécessaire), il va falloir faire passer de la colle dans la fente.Pour se faire, écarte la en poussant légèrement le fond de l’ intérieur,0.5 à 0.8mm, moins d’un millimètre d’écart sont largement suffisants ,attention à ne pas pousser de trop ! tu verras l’ orifice s’élargir, à ce moment là, avec l’autre main ayant de la colle sur le bout du doigt ou un pinceau fin à poil rigide(pinceau brosse) tu va remplir la fente en massant avec la colle,il faut qu’ elle pénètre bien dans toute l’ épaisseur, tu disposes d’environ 2 minutes, quelques dizaines de secondes devraient suffire. Rajoutes-en si nécessaire pour être sûr que de bien en mettre dans toute l’épaisseur du bois, la colle doit traverser.Lorsque cette opération est terminée relâche la tension, le fond retrouve sa forme initial.Essuie la colle qui déborde, si il en a beaucoup, coté extérieur avec un tissu de coton sec, puis légèrement humide,laisses-en un peu en excès à l’endroit de l’accident. Ne tarde pas trop car le processus de séchage est en train. Pour presser le joint, pose ta guitare à plat, la face opposée contre un support mou (un matelas, par exemple), puis dépose une feuille de papier blanc sur le collage et un livre par dessus pour faire un poids, de manière à ce que les surfaces collées joignent parfaitement. Après quelques heures (il vaut mieux laisser plus longtemps qu’ indiqué sur le mode d’emploi du bidon), tu retires le poids et la feuille qui va s’arracher a l’endroit du collage.Pour terminer retire la colle séchée dans le papier avec un petit racloir( une lame de cutter courbée par les pouces par exemple), ne racle pas jusqu’au bois il faut y aller très légèrement, arrête un peu avant le vernis, c’est une opération extrêmement délicate, il vaut mieux laisser le papier collé si tu ne te sens pas de le faire.En ce qui concerne la colle, l’idéal serait une colle à chaud suffisamment liquide ou de la titebond (colles couramment utilisées en lutherie guitare), mais je pense que de la colle blanche de menuisier sera plus facile à trouver et plus abordable, ce qui conviendra très bien pour ce type de réparation. Après cela, pense a mettre ta guitare dans son étui lorsqu’elle ne sert pas.

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    • Pour les champignons, je te propose de les déshydrater, en les passant à l’alcool à 90 ou 95° que l’ on trouve assez facilement dans le commerce, magasins de bricolage au rayon produit d’entretien, vernis, sous forme de bidon d’ un litre. Appliquer le produit directement sur les parasites, en frottant à l’aide d’un tissu, ou mieux avec de la mèche de coton (un carré de fabrique en laine fait également très bien l’ affaire). Fais attention à ne pas trop imbiber le tampon, frotte la tache qui ne disparaitra pas, jusqu’ à ce qu’ il n’ y ai plus de sale sur le tissu blanc.Le travail doit se faire à l’intérieur de la guitare, il faudra détendre les cordes et les maintenir écartées avec une pièce de bois ou autre matériau tendre.Une fois les champignons traités(recommencer l’opération plus tard si nécessaire), il va falloir faire passer de la colle dans la fente.Pour se faire, écarte la en poussant légèrement le fond de l’ intérieur,0.5 à 0.8mm, moins d’un millimètre d’écart sont largement suffisants ,attention à ne pas pousser de trop ! tu verras l’ orifice s’élargir, à ce moment là, avec l’autre main ayant de la colle sur le bout du doigt ou un pinceau fin à poil rigide(pinceau brosse) tu va remplir la fente en massant avec la colle,il faut qu’ elle pénètre bien dans toute l’ épaisseur, tu disposes d’environ 2 minutes, quelques dizaines de secondes devraient suffire. Rajoutes-en si nécessaire pour être sûr que de bien en mettre dans toute l’épaisseur du bois, la colle doit traverser.Lorsque cette opération est terminée relâche la tension, le fond retrouve sa forme initial.Essuie la colle qui déborde, s’ il y en a beaucoup, coté extérieur avec un tissu de coton sec, puis légèrement humide,laisses-en un peu en excès à l’endroit de l’accident. Ne tarde pas trop car le processus de séchage est en train. Pour presser le joint, pose ta guitare à plat, la face opposée contre un support mou (un matelas, par exemple), puis dépose une feuille de papier blanc sur le collage et un livre par dessus pour faire un poids, de manière à ce que les surfaces collées joignent parfaitement. Après quelques heures (il vaut mieux laisser plus longtemps qu’ indiqué sur le mode d’emploi du bidon), tu retires le poids et la feuille qui va s’arracher a l’endroit du collage.Pour terminer retire la colle séchée dans le papier avec un petit racloir( une lame de cutter courbée par les pouces par exemple), ne racle pas jusqu’au bois il faut y aller très légèrement, arrête un peu avant le vernis, c’est une opération extrêmement délicate, il vaut mieux laisser le papier collé si tu ne te sens pas de le faire.En ce qui concerne la colle, l’idéal serait une colle à chaud suffisamment liquide ou de la titebond (colles couramment utilisées en lutherie guitare), mais je pense que de la colle blanche de menuisier sera plus facile à trouver et plus abordable, ce qui conviendra très bien pour ce type de réparation. Après cela, pense à mettre ta guitare dans son étui lorsqu’elle ne sert pas.

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    • Pour bien faire le boulot jusqu’ au bout, il faudrait coller un patch (planchette fine d’épicea ou un morceau de placage) dans le sens perpendiculaire au fil du bois, ce qui, effectivement est le travail d’un luthier, surtout quand il s’ agit d’une guitare de luthier.Mais bon, j’ai voulu apporter une autre réponse que : "va voir un luthier", ce qui évidemment reste la plus sûre et la meilleur solution, ce métier ne s’ improvise pas.

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  • Très bel article didactique, des notions essentielles et indispensables à connaître y sont énoncées. Un grand merci a Daniel Friederich. Brillant.

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  • Un grand merci !

    1er mars 03:32, par Benouaste

    Excellent article redige par un professionnel : enfin LES reponses aux questions que tout bon guitaritste se doit de se poser quand il veut prendre soin de son fidele instrument. Je suis extremement reconnaissant de cette contribution que je n’hesiterai pas a qualifier d’"utilite guitaristique"

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